Le palmarès bières du Concours Général Agricole vient de tomber, en marge du Salon de l’Agriculture à Paris. Si les Hauts-de-France confirment leur hégémonie, l’édition 2026 réserve quelques surprises — notamment du côté de l’or, moins distribué que d’habitude.
Il y a des rendez-vous qui font partie du calendrier brassicole comme Noël fait partie du calendrier familial : inévitables, attendus, et parfois sources de surprises. Le Concours Général Agricole, fondé en 1870 et placé sous le contrôle de l’État, figure en bonne place dans cette catégorie. Chaque année, au cœur du Salon International de l’Agriculture Porte de Versailles, des milliers de jurés indépendants — professionnels et amateurs avertis mélangés — dégustent à l’aveugle et tranchent. Verdict 2026 pour la bière : une édition solide, mais avec un sacré coup de rabot sur les médailles d’or.
Les Hauts-de-France, toujours au sommet
La région du Nord ne bouge pas d’un pouce de son piédestal. Pour la n-ième année consécutive, les Hauts-de-France remportent le plus grand nombre de médailles dans la catégorie bières, avec 45 distinctions au compteur. C’est largement devant les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine, qui complètent le podium régional.
Attention toutefois à ne pas pousser le triomphalisme : on ne bat pas le record de l’an dernier, 55 médailles. La comparaison est un peu sèche : – 10 médailles entre 2025 et 2026, soit une baisse de 18 %. Rien de catastrophique — la région reste largement en tête — mais le signal mérite d’être noté. D’autant que l’édition marque un tournant avec une chute remarquée des médailles d’or, un phénomène qui dépasse les seuls Hauts-de-France et touche l’ensemble du concours. Pour mémoire, le jury bière avait décerné 198 médailles en 2025, soit l’exact équivalent de ce millésime 2026, mais cette fois avec 35 or contre 54 l’an dernier.
Les brasseries qui ont brillé
Dans cette édition 2026, les brasseries des Hauts de France tirent leur épingle du jeu avec panache.
La Brasserie Goudale confirme qu’elle n’est pas là par hasard. La marque emblématique du Nord rafle pas moins de 7 médailles : 3 d’or pour sa Belzébuth Pink, sa Blanche et sa Hop Lager , 3 d’argent (Goudale Triple, Goudale Bio et Goudale Rhum Finish) et une bronze (Goudale Grand Cru ). C’est la structure la plus récompensée de la région de fait, mais aussi de France.
La Brasserie Page 24 s’offre encore 3 médailles cette année avec La Fière IPA (Médaille d’argent) dans la catégorie « Bières à dominante houblonnée », La Fière Blonde (Médaille de bronze) dans la catégorie « Bières blondes – couleur inf à 14 EBC » et la Page 24 Blonde Hildegarde (Médaille de bronze) dans la catégorie « Bière blonde de haute fermentation – TAV supérieur à 6 %»
La Spontanerie frappe fort elle aussi, avec deux médailles d’or remarquées : la Russian Imperial Stout et la Wilde Leeuw Saison Brett. Deux bières aux styles radicalement différents, ce qui témoigne d’une maîtrise technique réelle. Une médaille de bronze complète le tableau avec la Wilde Leeuw RIS Bourbon.
La Brasserie du Pays Flamand ne déçoit pas non plus : l’Anosteke NEIPA décroche l’or, tandis que l’Anosteke Saison se console avec le bronze. Deux bières, deux récompenses, deux styles — la brasserie de Blaringhem continue de construire une réputation solide sur plusieurs fronts.
La Brasserie Lilloise fait également parler d’elle avec une médaille d’or pour sa Pyrite Triple, une belle reconnaissance pour cette structure de la métropole.
Sur le reste du territoire du côté des révélations, on notera le superbe carton de la Brasserie du Bouffay (Carquefou en Loire Atlantique) avec 7 médailles également dont une en or pour sa blonde L’Orge. On trouve ensuite un lot de brasseries quatre fois médaillées, la brasserie Caporal à Toulouse (Haute Garonne), la brasserie Mascaret au Bouscat (Gironde), la brasserie Ratz à Fontanes (Lot) et Les Tilleuls à Nyons (Drôme). Ensuite parmi les triplement médaillées on notera La P’tite Maiz’ à Notre-Dame-d’Oé (Indre-et-Loire), qui fait le podium complet (or, argent, bronze), avec l’or pour sa Bandy Krush, une NEIPA primée dans la catégorie « Bière à dominante houblonnée ». De même la Brasserie Parisis (Ile de France) décroche trois nouvelles distinctions avec la Parisis Triple 7 (Médaille d’argent) catégorie « Bières blondes – couleur inf à 14 EBC », l’IPArisis (Médaille d’argent) catégorie « Bières à dominante houblonnée » et l’Hellfest Blonde (Médaille de bronze) catégorie « Bières blondes – couleur inf à 14 EBC ».
L’argent, métal le plus partagé
Si l’or s’est fait plus rare cette année, l’argent a circulé généreusement (101 médailles). Et bien sûr particulièrement dans les Hauts-de-France avec 45 breloques ! On retrouve notamment la Brasserie Duyck (Jenlain Triple), la Brasserie Félicité (deux distinctions : Félicité Triple et Tricorne Milk Félicité), la Brasserie Saint-Germain (La Fière IPA), ou encore les 3 Brasseurs (IPA 3 Brasseurs France). La Brasserie Artésienne se distingue avec deux argent d’un coup : la Fée Torchette Triple et la Tizote Triple. Pour une brasserie qui joue souvent dans l’ombre des géants régionaux, c’est une belle sortie.
La grande leçon de 2026 : la sélectivité monte
Ce qui ressort de cette édition, c’est la tendance du jury à être plus exigeant sur l’or. Moins de premières places décernées, une sélection plus sévère — et au final, peut-être une médaille d’or qui vaut davantage. Les brasseries qui l’ont obtenu cette année peuvent légitimement s’en prévaloir. Pour les autres, l’argent et le bronze restent des gages de qualité reconnus par les consommateurs : 8 Français sur 10 déclarent être plus enclins à acheter un produit médaillé au CGA.
En attendant, les bouteilles primées vont pouvoir apposer leur petite feuille de chêne sur l’étiquette. Et pour les amateurs de bière, c’est donc un bon guide d’achat pour les semaines à venir — en attendant la prochaine édition.
Pour découvrir le palmarès 2026 complet, voir le site du Concours Général Agricole.



