Bellevoye, une des marques qui a connu l’une des croissances et reconnaissances parmi les plus rapides sur le marché du whisky français nous sort une bouteille qui va faire jaser les puristes : un triple malt titrant à 20°, sans désalcoolisation, sans sucre ajouté. Une première mondiale revendiquée haut et fort.
Bellevoye se targue déjà d’être le whisky de l’Élysée, de la classe Affaires et de la Première d’Air France, exporté dans 53 marchés. La marque est habituée à bousculer les codes — elle s’est construite dessus. Avec le 20°, elle s’attaque à un marché en pleine ébullition : celui des boissons alcoolisées à teneur réduite, portées par une génération qui veut profiter sans subir.
On connaissait la vigne au pays du vin. On connaissait Bellevoye, l’outsider charentais qui a eu l’audace de faire du whisky en France et d’en devenir un leader. Mais cette fois, la maison fondée par Jean Moueix et Alexandre Sirech franchit un nouveau cap, et celui-là, personne ne l’attendait : un « whisky » à 20° d’alcool. Pas désalcoolisé. Naturellement à 20°. Nous parlons ici de « whisky » pour simplifier les choses, mais rappelons que le taux d’alcool minimum légal pour qu’un produit puisse être appelé whisky est de 40%. D’ailleurs la marque ne ment pas et affiche sur la contre étiquette de sa bouteille « Boisson spiritueuse à base de whisky Bellevoye ».
Donc le Bellevoye 20° a débarqué le 1er mars dans les bonnes caves, au prix conseillé de 34,90 euros la bouteille de 70 cl. Et avec lui, une question qui démange : comment diable fait-on pour obtenir un « whisky » à 20° sans passer par la case désalcoolisation ?
Le secret de fabrication, jalousement gardé
C’est là que ça devient intéressant — et un peu mystérieux. La maison Bellevoye ne dit pas tout. Ce qu’elle affirme, en revanche, c’est que ce résultat est obtenu par un procédé révolutionnaire par infusion, entièrement développé dans ses propres laboratoires de recherche. Une méthode exclusive, tenue secrète, qui permet d’atteindre ce degré d’alcool naturellement, sans jamais toucher à la richesse aromatique.
Pas de dilution à l’eau. Pas de colonne de désalcoolisation. Pas de sucres ajoutés pour compenser. Les puristes, qui redoutent souvent que baisser l’alcool revienne à trahir le produit, sont prévenus : la maison joue sur un terrain différent. Elle ne retire rien — elle construit autrement.
Les whiskies low-ABV du marché sont quasi tous obtenus par désalcoolisation : on part d’un whisky standard, puis on en retire de l’alcool via des procédés industriels (évaporation sous vide, osmose inverse…). Ces techniques peuvent altérer les arômes. Le Bellevoye 20°, lui, n’emprunte pas cette voie : il atteint son degré final par construction, via un procédé d’infusion propriétaire. Le résultat revendiqué : deux fois moins de calories qu’un whisky classique, sans sacrifice sur le profil aromatique.
L’ADN Bellevoye est préservé. Le 20° s’appuie toujours sur l’assemblage qui a fait la réputation de la maison : le single malt charentais de Bercloux, le single malt alsacien Hepp et l’alpin Vercors. Ce triple malt français, c’est la signature de la marque depuis son lancement en 2015 — et visiblement, elle ne compte pas y toucher.
« Bellevoye 20° a toutes les caractéristiques d’un grand whisky sans les effets négatifs de l’alcool, tout en privilégiant la céréale qui est la matière première. », assure Olivier Dumont, Maître de Chais de Bellevoye
Le fondateur Alexandre Sirech, lui, se montre sans fausse pudeur : « Convaincus que le secteur des boissons alcoolisées doit se réinventer pour survivre, nous avons imaginé ce grand whisky avec deux fois moins d’alcool, sans sucre et un bilan carbone inégalé. » Il confie même sa façon de le déguster : dans un verre à vin, avec un glaçon et un zeste d’orange. Loin du rituel whisky classique — et c’est peut-être là tout le propos.
Le défi est double : convaincre les amateurs de whisky que moins d’alcool ne veut pas dire moins de whisky, et séduire un public plus large qui n’aurait jamais osé franchir le pas. À 34,90 euros, le positionnement est accessible sans être bas de gamme. Un pari raisonnable pour ce qui se présente comme une première mondiale — et que personne, pour l’instant, ne conteste.

Et nous, qu’en avons nous pensé ?
On ne va pas se cacher, ce n’est pas exactement ce qu’on attendait de Bellevoye, qu’on suit avec grand plaisir depuis le début de son aventure. Mais soyons honnêtes, on a toujours rêvé de pouvoir savourer un whisky sans alcool (oui, vous avez bien lu, sans alcool !) qui soit au moins aussi bon que les versions de 40% et plus. Franchement, pouvoir en profiter sans modération, c’est un vrai rêve non ?!
Bon, ce n’est pas tout à fait ça ici. Ce bleu turquoise affiche tout de même 20% d’alcool (au passage, on adore la couleur du flacon ! Pour le jus, on en reparle). Alors, en tant que professionnels avertis et prudents, on a dégusté avec toute la modération nécessaire ! Voici ce qu’il en ressort:
Alors dans le verre ce Bellevoye 20° se présente dans une robe blond pale, avec de délicats reflets cuivrés.
Au nez, les céréales sont là, de jolies notes fruitées, un poil d’épices, ça le fait sans problème.
La bouche elle, nous bouscule… Non, évidement pas par ce pain dans les gencives que peuvent nous flanquer des malts bien costauds à plus de 45%. Non ici c’est tout le contraire, cela fait un peu « effet Vittel » (peut être remplacé par toute autre marque de flotte plate…). Bah oui, ce n’est pas le gros pied, c’est bien mou… Mais par contre, et bien heureusement (oui, on l’a faite…) la suite nous réanime. On retrouve bien des notes du whisky, du Bellevoye bleu, par exemple. Du malt, des touches de caramel doux, ce qu’il faut de bois et des épices qui nous mènent vers la finale.
Celle-ci est assez surprenante, elle gagne en intensité, invite la vanille et se prolonge assez longuement sur les épices chaleureuses.
En conclusion ? Ce Bellevoye 20° est un OBNI ! On a eu la trouille, à la première gorgée on s’est dit, bah voilà, ils ont fini par se planter à vouloir faire ce truc ! Et puis comme ils ne sont pas totalement cinglés, ils ont tout de même réussi à rebondir sur la finale en nous proposant un produit qui tient la route. Pour qu’on puisse la prendre quand même après en avoir siroté un verre.
Bon évidemment l’attaque est déconcertante, on frôle l’aquaplaning, la grosse gamelle, mais ça raccroche, et on finit le trajet en bonne compagnie. Ouf !
Comment réagiront les amateurs de Bellevoye ? Sont-ils ciblés par ce produit ? La route est longue, l’avenir nous le dira…



