Le numéro un mondial de la bière a dévoilé ses résultats le 29 octobre, et la tournée est plutôt bonne pour les actionnaires. Corona, Stella Artois et Michelob Ultra poussent, le sans alcool explose, mais la Chine tire la moyenne vers le bas.
Des bénéfices qui moussent bien plus que les ventes
Côté chiffre d’affaires, les produits du groupe progressent de 4,9 % en organique (hors effets de change et de périmètre). En données publiées, ils atteignent 16,5 milliards de dollars, soit +9,1 %, aidés par des devises favorables.
Le vrai feu d’artifice se trouve plus bas dans le compte de résultats :
- EBITDA normalisé : 5,96 milliards de dollars, en hausse de 3,9 %, avec une marge un peu rognée à 36,1 % (– 34 points de base) ;
- Bénéfice sous-jacent : 2,4 milliards de dollars, contre 1,97 milliard un an plus tôt ;
- BPA sous-jacent : 1,21 dollar, soit +22,4 %. À taux de change constants, la hausse reste solide, à +13,9 %.
Les volumes, eux, font du surplace (+0,4 %). Ceux de bière reculent même légèrement (– 0,1 %), tandis que les boissons « hors bière » gagnent 4 %. C’est donc surtout le prix et le mix qui font le travail : les produits par hectolitre grimpent de 4,2 %, grâce à la montée en gamme.
Corona, Stella et Michelob Ultra : les stars du trimestre
Hors de leurs marchés d’origine, les trois marques premium mondiales s’envolent : +20 % pour Corona, +19 % pour Stella Artois et +50 % pour Michelob Ultra. Les « méga-marques » du groupe affichent ensemble +7,7 %.
Autre tendance qui devrait parler aux amateurs de nouveautés : la bière sans alcool progresse de 35 %, et le segment « Beyond Beer » (cocktails prêts à boire, boissons aromatisées) de 19 %. Le groupe se dit leader mondial du sans alcool en valeur, selon Nielsen. Même la plateforme digitale BEES Marketplace s’invite à la fête, avec des ventes de produits tiers en hausse de 45 % à 1,4 milliard de dollars.
Amérique latine et Afrique du Sud : on trinque
Les Amériques du Centre affichent des volumes en hausse de 7,3 %, et l’EBITDA y gagne 15,6 %. Le groupe revendique des volumes records pour un troisième trimestre sur 15 marchés, dont la Colombie, le Pérou, l’Équateur, l’Afrique du Sud et l’Inde. Le Brésil n’est pas en reste, avec des produits en hausse de 5,3 % et un EBITDA en progression de 6,1 %.
Ça pique un peu : la Chine et l’Amérique du Nord
Au rayon des mauvaises nouvelles, la Chine sort la tête de l’eau… mais pas beaucoup. Les volumes y chutent de 16,8 %et l’EBITDA de 30,5 %. AB InBev évoque un secteur en difficulté, une météo anormale, la faiblesse du canal hors domicile et une gestion des stocks. Le groupe reconnaît lui-même que ses résultats sont « inférieurs à leur potentiel ».
Aux États-Unis, les produits reculent de 1,2 % et l’EBITDA de 4 %, sur fond de secteur faible et de coûts élevés. En Europe, les volumes restent stables et l’EBITDA recule, la croissance des produits étant absorbée par les investissements marketing et le prix des matières premières.
Dividende : un acompte qui fait plaisir
Les actionnaires ne repartiront pas les mains vides. Le conseil d’administration a approuvé un acompte sur dividende de 0,40 euro par action, contre 0,15 euro l’an dernier. Sur Euronext, la date ex-dividende est fixée au 19 novembre 2026, pour un paiement le 23 novembre. Le groupe a aussi finalisé 2,6 milliards de dollars de son programme de rachat d’actions de 6 milliards.
La confiance règne
Ainsi se termine un trimestre porté par la premiumisation, le sans alcool et l’Amérique latine, qui compense en partie une Chine à la peine de même que des volumes, qui eux, restent à surveiller de près. AB InBev se dit toutefois confiant pour 2026 et table sur une croissance de l’EBITDA comprise entre 4 % et 8 %, en ligne avec ses objectifs à moyen terme. Les dépenses d’investissement sont attendues entre 3,5 et 4 milliards de dollars.
