La politique est très sérieuse mais on peut aussi s’intéresser à un sondage un peu décalé, mais finalement très révélateur : qui des candidats à la mairie de Paris les Parisiens aimeraient-ils retrouver autour d’une pinte ? Réponse avec la 5e édition du Beer Test, réalisé par CorioLink et l’Ifop.
Importé des États-Unis où il est devenu un classique des campagnes présidentielles, le « Beer Test » a désormais ses habitudes en France. Le principe est simple, presque enfantin : avec quel candidat auriez-vous envie de partager une bière ? Derrière la légèreté de la question se cache pourtant un indicateur sérieux — celui de la sympathie, de la proximité ressentie, de ce fameux « feeling » qui peut faire ou défaire une campagne.
Pour cette nouvelle édition consacrée aux municipales parisiennes de 2026, 997 électeurs ont été interrogés début février. Et le verdict est sans appel.
Grégoire écrase tout le monde… ou presque
Emmanuel Grégoire, candidat socialiste, arrive largement en tête avec 46 % des Parisiens qui se verraient bien siroter une mousse avec lui. C’est 10 points de mieux qu’Anne Hidalgo en 2020, ce qui n’est pas rien. Pour un candidat que beaucoup de Parisiens connaissent encore mal, c’est une belle performance — portée, selon Pierre Alibert de l’agence CorioLink, par « une posture assez consensuelle » qui donne envie d’en savoir plus.
Derrière lui, Rachida Dati (39 %) confirme sa montée en puissance, avec elle aussi +10 points par rapport à 2020. La candidate de droite divise toujours autant, mais elle séduit de plus en plus. Pierre-Yves Bournazel complète le podium avec 30 %, en nette progression lui aussi (contre 16 % il y a six ans).
En queue de classement, Thierry Mariani (RN) ferme la marche avec 18 % — même s’il fait mieux que son prédécesseur Serge Federbusch, qui n’avait convaincu que 10 % des Parisiens. Entre les deux, Sarah Knafo (28 %) et Sophia Chikirou (21 %) s’intercalent sans vraiment s’imposer.

Grégoire vs Dati : le match le plus serré
Quand on met les deux favoris face à face, les choses se compliquent. En duel direct, 35 % des Parisiens choisiraient de boire un verre avec Grégoire — notamment les actifs et les cadres, qui lui font particulièrement confiance. Mais 32 % préfèrent Dati. Et un tiers des sondés ? Ils bottent en touche et n’en veulent ni de l’un ni de l’autre. Ambiance.
Plus surprenant encore : le duel Chikirou-Knafo se solde par une égalité parfaite à 20 % chacune. La candidate LFI cartonne chez les moins de 35 ans, tandis que Sarah Knafo séduit davantage les retraités. Mais le vrai chiffre qui frappe ici, c’est les 60 % de Parisiens qui ne veulent boire avec aucune des deux. Un effet repoussoir assumé.

Les bistrots, vrais ou faux lieux de campagne ?
Le sondage s’intéresse aussi à la pratique, désormais très en vogue, des candidats qui font campagne dans les cafés. Et là, les Parisiens sont plutôt cyniques : seulement 10 % y voient un intérêt sincère pour les préoccupations des habitants. La grande majorité y lit plutôt de l’opportunisme électoral (33 %), de la mise en scène médiatique (29 %) ou une simple tentative de paraître proche des gens (28 %).
Pourtant, paradoxalement, les bistrots restent des lieux bien vivants politiquement. 7 Parisiens sur 10 y ont déjà discuté politique entre amis ou collègues. Un tiers ont échangé avec des inconnus, et plus d’un sur quatre avec le patron du bar ou un serveur. Près d’un Parisien sur cinq a même participé à un meeting ou un débat citoyen dans un café. Les sujets ? L’actualité nationale en tête (45 %), les débats de société (43 %), la vie de quartier (38 %).
Et 61 % des sondés estiment que le bistrot reste un endroit où l’on parle plus librement qu’ailleurs. La moitié pense même que ces conversations sont représentatives de l’opinion générale.

Ce que tout ça nous dit
Le Beer Test ne prédit pas les élections — ses concepteurs le répètent eux-mêmes. Mais il capte quelque chose de réel : la capacité d’un candidat à susciter de la curiosité, de la sympathie, l’envie d’un échange vrai. Et ce que cette édition 2026 montre, c’est que les Parisiens ont envie de mieux connaître leurs candidats. Les discours lisses et les campagnes formatées pour les réseaux sociaux ne suffisent plus. Une pinte et une conversation franche, ça ne s’invente pas.
Bonus, les résultats de ce sondage inédit dans une capsule vidéo, au ton humoristique, générée avec l’IA ! Réalisée en partenariat avec @DAVYNIMAL, à retrouver sur Youtube.
Sondage réalisé par l’Ifop pour CorioLink auprès de 997 électeurs parisiens, du 3 au 6 février 2026. Illustration: IA.



