Chez Bendorf ce sont deux bières qui sont annoncées en cette rentrée : Pachyderme, le costaud houblonné, et Le Temps des Fleurs, la blanche qui sent le jardin. Avec une American Pale Ale née sur un terrain de rugby et une blanche aux fruits rouges et exotiques, la brasserie strasbourgeoise joue sur deux tableaux pour satisfaire pleinement plus grand nombre.
Ce n’est pas parce que les terrasses se vident qu’il faut ranger les verres. À Strasbourg, dans le quartier du Neudorf, la Brasserie Bendorf continue de sortir une nouvelle bière éphémère tous les 15 jours, en plus de ses bières permanentes. Deux de ces éphémères méritent qu’on s’y arrête : Pachyderme et Le Temps des Fleurs. Elles n’ont pas grand-chose en commun, si ce n’est le même sérieux derrière la déconne.
Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas. La brasserie est née en 2013 sous l’impulsion de Benjamin Pastwa, passionné de bière, dans le quartier de Neudorf, d’où le nom Bendorf, contraction de « Ben » et de « Neudorf ». Toutes ses bières sont certifiées AB, et la maison assure n’utiliser aucun arôme, ni naturel ni artificiel : que du vrai malt, des fruits, des légumes, des épices et des houblons, tout en bio. Ça pose le décor.
Le Temps des Fleurs, la blanche qui a du fruit
Le nom est un clin d’œil transparent à la chanson de Dalida sortie en 1968 (« Le Temps des fleurs »), et la présentation officielle en reprend d’ailleurs un vers : une blanche fruitée, qui nous emporte en balade pep’s et acidulée dans un champ de fleurs. L’étiquette est signée Josey, un graphiste et tatoueur.
Sur le papier, la promesse est claire : une bière de blé, donc souple et désaltérante, relevée par l’acidité de la framboise et le côté exotique de la passion. Le dosage est généreux : 180 kg de fruits au total pour une bière à 5 %. Les houblons Strisselspalt (variété alsacienne) et Triskel ne devraient servir que de discrète toile de fond : ici, le fruit passe devant. Les densités (1054 puis 1010) donnent une bière sèche, ce qui devrait éviter l’effet sirop. Disponible en bouteilles 33cl et 75cl et fûts inox 30 litres.

Pachyderme, l’éléphant dans la mêlée
Nous en avons déjà parlé ici, mais l’histoire est plus sympa que celle de la plupart des bières, alors on replante le décor : Pachyderme est née d’une collaboration avec un club de rugby, le Molsheim Ovalie Mutzig, qui avait besoin de refaire ses stocks. C’est d’ailleurs le club qui a dessiné l’étiquette. Ce n’est pas la première fois que le rugby passe par la brasserie : la fiche actuelle annonce « ça repart en mêlée », le club ayant vidé son stock sans étancher sa soif.
Côté verre, c’est une Pale Ale à l’américaine, donc du houblon mis en avant, mais sans agressivité. Avec quatre variétés américaines dont trois ajoutées à froid en fin de parcours, on peut s’attendre à des notes d’agrumes, de fruits tropicaux et de résine, portées par des céréales (orge et blé) qui arrondissent l’ensemble. Le brasseur parle d’une bière équilibrée et fraîche, et un revendeur la décrit comme fraîche et florale, idéale avec les premières salades de la saison. Les densités (1052 au départ, 1008 à l’arrivée) annoncent une bière plutôt sèche, ce qui la rend facile à boire.
Petite précision : selon les lots, la recette a un peu bougé. Certains revendeurs affichent 6 % d’alcool pour des versions plus anciennes. La version actuelle, selon le site de la brasserie, est à 5 %. Cette année la recette c’est malts d’orge et de blé ; houblons Nugget, Mosaic, Cascade et Citra (les trois derniers en dry-hopping) ; levure Lallemand BRY-97. Disponible uniquement en 75cl et fûts inox 30 litres.
Alors, faut-il choisir ?
Pachyderme, c’est la bière du « on se retrouve entre potes », avec un houblon qui a de la conversation et de quoi accompagner un plateau de charcuterie ou un burger. Le Temps des Fleurs, c’est plutôt l’apéro fruité pour ceux qui trouvent la bière « trop amère » à leur goût. Comme deux éphémères ne restent jamais longtemps sur les étagères, mieux vaut ne pas trop traîner et goûter les deux non ?



